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L'AVOCAT DU PERMIS

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Jean-Baptiste le Dall, Avocat, Docteur en droit anime et dirige l'un des rares cabinets d’avocats tourné vers le droit automobile.

 

Président de la Commission ouverte droit routier du barreau de Paris, et Directeur scientifique des Etats généraux du droit automobile, Maître le Dall commente le Code de la route aux Editions Argus de l’assurance.

 

Auteur de nombreux écrits et d’ouvrages de référence en la matière comme le « contentieux de la circulation routière » aux Editions Lamy « Réglementation automobile » (Argus de l’Assurance), le Guide du véhicule de collection (ETAI), il  est membre du comité de pilotage du périodique spécialisé « La Jurisprudence automobile ». Vous pouvez également retrouver chaque semaine Me le Dall pour la chronique auto sur lci.fr

 

Confronté quotidiennement aux problématiques très spécifiques du permis à points, le cabinet d'avocats LE DALL mettra à votre service toutes ses compétences et son expérience pour préserver vos droits et surtout votre permis de conduire. 

 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 18:01

Par Jean-Baptiste le Dall, Avocat à la Cour, Docteur en Droit

Le 7 novembre dernier entrait en vigueur la directive sur l’échange transfrontalier d’informations concernant les infractions en matière de sécurité routière.

La directive européenne 2011/82/UE du 25 octobre 2011 facilitant l'échange transfrontalier d'informations concernant les infractions en matière de sécurité routière a, officiellement, pour objectif de mettre fin à l’impunité des automobilistes qui commettent des infractions à l’étranger, grâce à un système d’échange d’informations entre États membres de l’UE.  La directive vise 7 infractions : les excès de vitesse, le non-respect du port de la ceinture de sécurité, le non-respect des feux de signalisation, et la conduite en état d’ivresse et sous l’emprise de drogues, le non-port du casque, la circulation sur une voie interdite, et enfin l’usage illicite d'un téléphone portable ou de tout autre équipement de communication en conduisant un véhicule.

 

J’avais déjà dit tout le bien que je pensais de ce dispositif : une usine à gaz dont l’objectif n’est pas la sécurité routière (ou à la marge), le but est clair : augmenter le taux de recouvrement des avis de contravention… Les limites du dispositif apparaissaient d’ailleurs assez vite avec un mécanisme s’apparentant essentiellement à un carnet d’adresse partagé. La première cause de non-paiement d’un avis de contravention relevé à l’encontre d’un véhicule immatriculation n’est autre que l’absence de renseignement quant à l’adresse à laquelle envoyer l’avis… D’où l’idée des Etats signataires de mettre en commun leurs listings. Pour le reste, la chose est essentiellement incitative mais cette usine à gaz n’en heurte pas moins les droits des conducteurs européens…. Oui, un automobiliste roumain pourra toujours contester sa verbalisation, maintenant pour ce qui est d’aller se défendre devant la juridiction de proximité de Rennes… A moins de particulièrement apprécier la Bretagne…

 

Pour en savoir plus :

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/966303-les-pv-europeens-entrent-en-vigueur-une-euro-prune-qu-il-sera-difficile-de-contester.html

 

Les ponts de mai arrivent et certains automobilistes français vont peut-être avoir la chance de tester le système.

 

Or la CJUE (l’ancienne CJCE) la Cour de Justice de l’Union Européenne vient d’annuler cette directive par un arrêt du 6 mai 2014 (affaire C-43/12). Je le disais, précédemment, l’objectif avec ce texte est essentiellement financier mais à force de travestir tout et n’importe quoi derrière un dessein sécuritaire on peut se mélanger les pinceaux et c’est bien finalement ce que reproche la CJUE à cette directive.

 

Au départ la proposition de directive était basée sur la compétence de l’Union européenne en matière de sécurité des transports. Le 25 octobre 2011, le Parlement et le Conseil ont adopté la directive 2011/822, en retenant toutefois comme base juridique la compétence de l’Union européenne dans le domaine de la coopération policière. Estimant que la directive avait été adoptée sur une base juridique erronée, la Commission a introduit un recours en annulation devant la Cour de justice. Avec pour résultat cet arrêt du 6 mai.

 

Mais attention, les conducteurs européens ne devront pas crier victoire trop vite… Tout d’abord la CJUE laisse du temps aux Etats signataires. La CJUE a considéré que « d’importants motifs de sécurité juridique justifient le maintien des effets de la directive jusqu’à l’adoption, dans un délai raisonnable qui ne saurait excéder un an ». Et cet arrêt du 6 mai 2014 ne remet nullement en cause les accords bilatéraux qui ont déjà pu être signés… Et ça, la France a en déjà signé.

 

Affaire à suivre donc…

 

Pour aller plus loin : le communiqué de presse de la CJUE :

 

http://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2014-05/cp140069fr.pdf

  

le Dall Avocat permis de conduire

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 15:03

Lors de la dernière réunion fin novembre 2013 du CNSR, le Conseil national de la sécurité routière, organe consultatif ressuscité par Manuel Vals en 2012, la question d’un abaissement des limitations de vitesse sur le réseau secondaire de 90 à 80 km/h a été débattue, mais pas votée.

 

 Ce débat sans vote a, toutefois, permis de planter la graine et de glisser quelques chiffres dont on ne sait, comme toujours, comment ils ont été obtenus. Pour les membres du CNSR, l’abaissement à 80 km/h permettrait d'épargner «350 à 400 vies» chaque année s’il s'appliquait sur l'ensemble du réseau concerné, et «210 à 240 vies» s’il n'était mis en place que sur certaines zones.

L’abaissement de la vitesse n’est pas la seule idée en vogue en ce moment, comme toujours la LCVR milite sans relâche contre l’utilisation du téléphone au volant y compris par le biais du kit main libre.

Mais une mesure comme l’abaissement à 80 km/h pourrait être retenue en dépit de son caractère éminemment impopulaire.

Toutes les associations de défense des automobilistes sont, bien évidemment, vent debout contre une telle réduction de la vitesse. L’Automobile Club nuance, toutefois, son propos. Son président, Didier Bollecker, explique qu’« il faut adapter les limitations de vitesse en fonction des infrastructures. Pour assurer une limitation de vitesse cohérente, nous estimons que chaque axe concerné devra être audité en utilisant le programme EuroRAP mené par les Automobile et Touring clubs européens ».

Il est évident qu’une telle proposition relève du bon sens, malheureusement l’expérience montre que le bon sens est trop souvent oublié lorsqu’il est légiféré en matière de sécurité routière. En clair, la mesure a toute les chances si elle est adoptée d’être appliquée uniformément et aveuglement.

Et cette mesure pourrait bien être mise en place, c’est ce qu’a déclaré Manuel Valls, le 21 janvier, en annonçant pour cette année l'expérimentation dans « quelques départements » sans toutefois plus de précision. Le Ministre a simplement indiqué qu'il « attendait les propositions » du Conseil national de la sécurité routière (CNSR) sur le sujet. Et l’on sait bien le sens des propositions qui seront faites par le CNSR.

D’aucuns pourraient être tentés d’écarter l’éventualité d’une application généralisée en soulignant que le ministre ne parle que d’une expérimentation. Mais lorsque l’on expérimente, c’est bien pour décider d’autre chose à la lumière des résultats de ladite expérimentation. Et il est sûr que cette expérimentation sera corrélée avec des meilleurs résultats en matière de sécurité routière. Pourquoi ? Tout simplement parce que les chiffres de la sécurité routière sont bons depuis plusieurs mois et qu’il n’y a pas forcément de raison objective que la courbe s’inverse. Par ailleurs, la mise en place de tronçons expérimentaux s’accompagnera, très certainement, d’un déploiement des forces de l’ordre sur le terrain. La chose étant d’une telle évidence que la plupart des conducteurs redoubleront de vigilance sur ces tracés.

Les résultats seront donc bons et pourront ouvrir la voie à une application généralisée de la mesure. Les lecteurs comprendront qu’avec une application uniforme, la vigilance accrue des conducteurs sur les tronçons expérimentaux se relâchera…

Mais fondamentalement pourquoi se diriger vers un tel abaissement alors que tout le monde sait que la vitesse n’est pas la première cause de mortalité au volant. Comment se fait-il que les gouvernements choisissent-ils toujours de se focaliser sur la vitesse ? Peut-être parce qu’ils écoutent toujours les mêmes... Pour Chantal Perrichon, porte-parole de la Ligue contre la violence routière,  cette annonce est « historique ». Cela montre que Manuel Valls « maitrise parfaitement ce dossier. Il se cale sur la connaissance des experts qui estiment à 450 le nombre de vies qu'on peut sauver si on passe de 90 à 80 km/h sur ces routes à double sens sans séparateur médian ». Manuel Valls « sait qu'il faut faire en sorte que cette mesure soit acceptée. Il faut qu'il mette à profit les mois qui viennent pour que les Français comprennent que cette limitation de vitesse permettra de réduire le nombre de morts sur les routes. C'est la mesure phare qui doit être prise».

Mais pourquoi donc, toujours, écouter le même son de cloche ?

Certaines mauvaises langues vous répondront que les radars automatiques ont besoin d’être abreuvés de petits excès de vitesse pour maintenir une bonne rentabilité.

Cela étant, une grande majorité des radars automatiques sont implantés sur le réseau autoroutier sur de beaux tracés 2x4 voies sur lesquels la première cause de mortalité au volant n’est autre que l’assoupissement.

Et, effectivement, le CNSR rappelle que «près des deux tiers des accidents mortels ont lieu» sur le réseau secondaire.

C’est notamment pour cette raison que de nombreux spécialistes rappellent qu’il serait extrêmement dangereux d’abaisser la limitation de vitesse sur autoroute. Une diminution de la vitesse sur ce réseau pousserait, en effet, de nombreux automobilistes à délaisser l’autoroute pour des nationales sur lesquelles il serait possible de rouler pratiquement aussi vite mais sans péage…

Mais à partir du moment où la vitesse est abaissée sur le réseau secondaire, il devient possible de faire de même sur autoroute sans trop craindre un phénomène de délaissement par les automobilistes.

La vitesse, et rien que la vitesse serait-on tenté de conclure. En réalité peut-être pas uniquement.

La vitesse : le filet de sécurité de Manuel Valls

En matière de sécurité, la future évolution ne viendra sans doute pas du ministère de l’Intérieur mais des services du Garde des Sceaux. Christiane Taubira planche, en effet, sur un projet de réforme pénale qui comporte bien d’autres nouveautés que l’obscure « contrainte pénale ». Parmi les objectifs de cette réforme : moins de condamnés en prison et un désengorgement des tribunaux.  

Les services du Garde des Sceaux n’ayant pas manqué de noter que la délinquance routière représentait une part importante des condamnations  prononcées par les juridictions pénales, a germé l’idée de faire du ménage dans les délits traités par les tribunaux correctionnels.

Christiane Taubira s’inspire directement du rapport qui lui a été remis par Jean-Louis Nadal, procureur général honoraire près la Cour de cassation, fin novembre 2013.

L’idée est simple pour les délits suivants : Défaut de permis  de conduire, Défaut d'assurance, conduite malgré invalidation du permis de conduire (perte des 12 points), Conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique avec un taux inférieur à 0,80 milligramme = plus de délits mais de simples contravention.

En contraventionnalisant ces infractions, plus de peines de prison prévues par les textes. Donc plus aucun risque qu’un délinquant de droit commun sous le coup d’un sursis parte derrière les barreaux pour un délit routier.

Pour les conducteurs poursuivis pour ces délits routiers n’ayant pas d’antécédent judiciaire, il va sans dire que le prononcé de peine de prison ferme relève de la théorie.

En matière de désengorgement des tribunaux, l’impact d’une telle mesure devra être relativisé car les délits visés sont aujourd’hui dans une très grande majorité traités par le biais de procédures alternatives qui ne mobilisent que peu les magistrats. Ces délits en l’absence de récidive font, en règle générale, l’objet de compositions pénales ou d’ordonnances pénales très peu chronophages.  Le seul gain de temps se ferait au niveau du greffe qui n’aura plus à enregistrer ces peines.

Pour les conducteurs, aucun intérêt donc et pire encore car si les propositions de ce rapport étaient retenues, les préfets auraient les pleins pouvoirs en matière de suspension de permis pour ces délits contraventionnalisés alors que dans le même temps l’application de la procédure de l’amende forfaitaire limitera encore plus la possibilité pour le conducteur de se défendre.

Avec ce projet de réforme, ce n’est rien d’autre que la mise en place d’une justice expéditive privant encore plus automobilistes et motards d’un droit à la défense.

Mais cela, les conducteurs ne risquent pas de s’en apercevoir immédiatement, la seule chose qui risque d’être retenue d’une telle évolution c’est un signal de relâchement avec surtout l’abaissement du seuil délictuel pour la conduite sous l’empire d’un état alcoolique. Et la contraventionnalisation du défaut d’assurance n’est guère un meilleur signal à l’heure où ce phénomène se développe.

Si les chiffres de la mortalité sur la route devaient remonter, et cette hypothèse n’est malheureusement pas totalement à écarter (imaginons, par exemple, que les français retrouvent assez de pouvoir d’achat pour reprendre la route et profitent des ponts à venir…), un lien pourrait être fait entre ce mauvais signal et la dégradation des chiffres.

Mais à cela, Manuel Valls pourrait répliquer que l’assouplissement de la répression sur la route n’a jamais été d’actualité dans son ministère : la preuve avec l’abaissement de la vitesse de 90 à 80 km/h !

Jean-Baptiste le Dall

 

Avocat à la Cour, Docteur en Droit

le Dall Avocat permis de conduire

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 14:35

La Ligue de Défense des Conducteurs et l’Automobile Club des Avocats ont déposé un recours devant le Conseil d’Etat contre la décision de la ville de Paris d’abaisser la vitesse autorisée sur le périphérique parisien. Les deux associations considèrent ce décret comme illégal en raison d’une erreur manifeste d’appréciation que ce soit sur l’absence d’impact sur la sécurité routière, sur l’absence de réduction des nuisances sonores et sur l’absence de réduction de la pollution de l’air. 

Les deux associations dénoncent une mesure purement idéologique. En effet, la réduction de 10 km/h sur le périphérique parisien n’aurait aucun effet sur le plan de la pollution aux particules fines. Pire, elle risquerait de l’aggraver si elle amenait à une congestion du trafic routier. Quant à la pollution sonore, l’agence « Bruif Parif » affirme que cette mesure ne permettrait de baisser la pollution sonore que d’un décibel, ce qui est, toujours selon l’agence, imperceptible à l’oreille humaine.

Sur le plan de la sécurité routière, là encore cette diminution ne repose sur rien de concret. Le lien direct entre diminutions des vitesses et diminution de la mortalité n’a aucun fondement scientifique. De plus, la vitesse moyenne sur le périphérique étant de 40 km/h, cette mesure apparaît sans effet la plupart du temps…et inutilement répressive dans les rares moments où le périphérique n’est pas saturé. Dans le cas de ce dernier, c’est avant tout une vitesse inadaptée qui est à l’origine des accidents et non le non-respect d’une limitation de vitesse arbitraire.

Il est également intéressant de souligner que l’Automobile Club des avocats n’est le seul à sérieusement douter de la pertinence de cette nouvelle mesure.

Tel est notamment le cas de Rémy Prud’homme, Professeur émérite à l’Université Paris XII qui ne s’est pas contenté de simples considérations pseudo scientifiques mais s’est livré à une étude des plus intéressantes sur le sujet.

L’étude du Professeur Prud’homme envisage les impacts de l’abaissement de la limitation de vitesse  « sur sept grandeurs : le temps passé, la consommation de carburant, les rejets de CO2, les rejets de particules, les rejets de dioxyde d’azote, et les accidents. Ces impacts sont tous négatifs. »

Je laisse le soin aux lecteurs de décortiquer eux-mêmes ses travaux :

http://ddata.over-blog.com/3/28/38/65/Rap-2014-Impacts-ralentissements-sur-le-pe-CC-81riphe-CC-81.pdf

 Bonne lecture

Jean-Baptiste le Dall

 

Avocat à la Cour, Docteur en Droit

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 18:48

A priori pas d’hécatombe sur le permis de conduire des automobilistes après l’arrivée du radar tronçon. Alors que les annonces de mises en service de nouveaux appareils de calcul de vitesse moyenne se multiplient, petit retour en arrière sur le premier arrivé à Besançon.

 

Des nouveaux radars toutes les semaines

 

Un radar tronçon  est en cours d'installation dans le Morbihan, entre Ploërmel et Campénéac, sur la RN 24, en direction de Rennes. L’appareil entrera en phase de test en mai.  

 

En Isère,  deux appareils ont été mis en service le 25 mars, sur la RN 85, sur la déviation du Pont-de-Claix entre le tunnel et le rond-point de Champagnier, chaque sens de circulation a eu le droit à son radar tronçon et même à son radar pédagogique !  

 

Bientôt en service, le radar tronçon du tunnel de Toulon sera rapidement épaulé par un deuxième appareil dans le Var sur l'A8 entre Le Cannet-des-Maures et Vidauban.

 

Les annonces de mises en service remplissent, ainsi, régulièrement les colonnes de la presse quotidienne régionale, sans que l’on ait pu tirer un premier bilan de l’activité et de l’efficacité de ces appareils.

 

Nous n’avions jusqu’à présent que très peu d’informations sur le premier appareil installé sur la bretelle de contournement de Besançon.

 

Premier bilan pour le radar tronçon de Besançon

 

Nous avions pu constater que la phase de test avait permis d’établir une cadence journalière d’une cinquantaine d’infractions mais depuis plus rien. Les plus folles rumeurs sur la toile évoquaient même un blocage des avis de contravention à Rennes…

 

Le directeur de cabinet de la préfecture du Doubs, Hervé Tourmente s’est récemment exprimé sur les performances de son radar tronçon en précisant  qu’en moyenne 22 véhicules sont sanctionnés par jour sans plus de précision sur le nombre d’avis de contravention généré. La préfecture indique que «la vitesse moyenne sur cet axe était de 86 km/h avant la mise en service du radar-tronçon (en août 2012). Elle est passée à 68 km/h aujourd'hui» et se félicite de l’absence d’accident sur cette portion. On ne pourra que s’interroger sur la pertinence du choix de cette implantation sachant que la bretelle de contournement venait, à peine, d’être inaugurée quand le radar tronçon est entré en phase de test… A moins bien sûr que l’on parte du postulat que l’on s’amuse aujourd’hui à construire des tracés que l’on sait, dès le départ, accidentogènes…

 

Pour le reste, assez peu d’information et encore moins chez les avocats, peu consultés sur ce type de verbalisation. Rien d’étonnant au demeurant compte tenu du nombre relativement peu élevé d’infractions et surtout des enjeux assez faibles.

 

Avec « moins de 0,2% des quelque 14.000 véhicules contrôlés »à «une vitesse moyenne supérieure aux 70 km/h » de limitation sur cette portion  et avec «80% des conducteurs en infraction contrôlés à moins de 90 km/h», l’immense majorité des infractions relevées par le radar tronçon bisontin n’entraîne la perte que d’un seul petit point récupérable en 6 mois et ne coûte que 45 euros en tarif minoré…

 

 

Jean-Baptiste le Dall

Avocat à la Cour, Docteur en Droit

Droit automobile – Permis de conduire

 

 

 

le Dall Avocat permis de conduire

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 16:40

J’avais déjà évoqué il y a quelques jours les pistes qui avaient été envisagées lors du dernier CNSR à savoir un abaissement des limitations de vitesse.

 

Je déplorais cette omniprésence dans le débat sur la sécurité routière de la vitesse alors même que la cause numéro 1 de la mortalité n’est autre que l’alcool et que l’assoupissement au volant est le premier facteur de mortalité sur autoroute.

 

Mais les préjugés ont la vie dure surtout en France patrie du radar. Et à peine quelques heures après les annonces du CNSR, certains commentateurs n’ont pas manqué de venir s’épancher dans la presse sur les dangers de la vitesse.

 

Je ne reviendrai pas sur mes positions (mesurées) sur la vitesse, mais je dénoncerai encore une fois les raccourcis.

 

Il n’y qu’à reprendre quelques extraits du Figaro (article du 16 avril) : « dans ce domaine où la littérature est dense, une formule scientifique fait office de loi: quand on baisse de 1 % la vitesse moyenne, on diminue de 4 % le taux d'accidents mortels et on réduit de 2 % le nombre d'accidents graves. »

 

Et le quotidien de rapporter les propos de Sylvain Lassarre, directeur de recherche au sein de l'Ifsttar (Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux) : « Extraites d'une étude réalisée dans les années 1970, ces données ont toujours été confortées par d'autres travaux scientifiques».

 

Mais cette formule se vérifie-t-elle vraiment ?

 

L’Automobile Club des Avocats s’est penché sur la question.

 

Une simple extrait de la réponse de l’ACDA : « Pendant cette même période de 1998 à 2002, et alors que la vitesse moyenne a augmenté le nombre de décès a diminué »

 

Pour en savoir plus :

 

http://www.autoclubavocat.fr/1-km-h-en-moins-4-de-morts-en-moins,b28.html

 

Jean-Baptiste le Dall

Avocat à la Cour, Docteur en Droit

Droit automobile – Permis de conduire

 

Avocat permis de conduire

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 17:50
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Et voilà, c’est officiel : les panneaux de signalisation des radars automatiques ont fait leur retour dans notre droit positif avec l’arrêté du 4 mars 2013 relatif à la signalisation d'une zone où la vitesse est contrôlée par un ou plusieurs dispositifs automatiques.

 

Les « Panneaux SR3a et SR3b. ― Signaux annonçant une zone où la vitesse est contrôlée par un ou plusieurs dispositifs de contrôle automatisé » reviennent, ainsi, dans le corps de l’arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation des routes et des autoroutes.

 

Retour car, pour ceux qui l’auraient oublié, il avait été décidé de supprimer ces panneaux à la suite du CISR du 11 mai 2011. Et, avec une rapidité presque irréelle, un arrêté du 12 mai 2011 était venu modifier cet arrêté du 24 novembre 1967 en effaçant toute référence à ces panneaux avec une disposition des plus lapidaire mais néanmoins très claire : « l’alinéa relatif aux panneaux SR3a et SR3b est supprimé ».

 

Depuis l’équipe aux manettes a changé, et si certains se plaignent d’une action limitée du nouveau gouvernement qui se contenterait de détricoter ce qui avait été fait par les précédents, les automobilistes eux n’ont pu que se réjouir du retour en arrière en la matière. Manuel Valls a, en effet, pris position pour la réimplantation des panneaux signalant la présence d’un radar automatique. Difficile d’y voir un cadeau à destination des automobilistes qui ont pu constater encore l’arrivée de nouveaux radars. Derrière cette mesure se cache plus certainement une façon simple de régler le problème des radars pédagogiques coûteux, fragiles, et peu fiables.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir et admirons le retour officiel des panneaux SR3a et SR3b avec cet arrêté du 4 mars 2013 :

 

« Art. 101-4. - Annonce d'une zone où la vitesse est contrôlée.

 

La signalisation d'une zone où la vitesse est contrôlée par un ou plusieurs dispositifs de contrôle automatisé peut être effectuée au moyen du panneau SR3a ou SR3b. Lorsque la vitesse maximale autorisée dans cette zone a été fixée par l'autorité détentrice du pouvoir de police, le panneau SR3a ou SR3b est implanté à proximité immédiate du panneau B14 indiquant ou rappelant cette limitation. »

 

Pour autant l’existence de ces panneaux SR3a et SR3b ne tient toujours qu’à un fil, un fil réglementaire que l’on sait avec l’expérience de l’arrêté du 12 mai 2011 des plus précaires. Et surtout l’arrêté du 4 mars 2013 se contente d’un simple retour en arrière. La signalisation par le biais du panneau SR3a ou SR3b relève de la seule possibilité, en d’autres termes aucune présence obligatoire de ce panneau n’a été introduite par ce nouvel arrêté.

 

Jean-Baptiste le Dall

Avocat à la Cour, Docteur en droit

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